Publié le 26 Mai 2020

Parallèlement à cette passion américaine, William est doué pour imaginer des histoires. Il lit beaucoup depuis qu’il est petit. Il n’a comme diplôme qu’un certificat d’études et il peine à trouver le bon vocabulaire pour exprimer les idées qui lui courent dans la tête. Peu importe, il ne fait lire ses écrits à personne. L’essentiel pour lui, c’est : s’exprimer. Alors, il écrit une pièce de théâtre, des histoires policières, il raconte sa vie à Rians. Mais surtout, il parle de l’Amérique. Il réunit ses deux passions, en couchant sur le papier des histoires d’indiens et de cow-boys et autres aventures. Son unique lectrice est son épouse, Michèle, qui corrige les fautes et donne son avis. 

 

Aujourd’hui, âgé de presque 83 ans, il était temps que quelqu’un d’autre lise au moins l’une de ses histoires…

 

Vous l’aurez deviné (ou pas), William est mon papa et je vais, cette semaine, vous proposer de lire l’un de ses récits : Miracle à la Snake River.

 

Amusez-vous bien !  

La suite demain…

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Rédigé par Cathy de Saint Côme

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Publié le 25 Mai 2020

Cette semaine, je vais vous raconter l’histoire vraie d’une passion. Elle commence chez un tout jeune garçon, il y a bien longtemps…

 

Ce petit garçon s’appelle William, il est né le 28 septembre 1937, à Aix en Provence. Il a été prénommé ainsi parce que sa marraine adorait William Powell, acteur américain des années 30. 

 

Pendant la deuxième guerre mondiale, son père Robert, gendarme de profession avait été mobilisé sur Paris. La maman de William, Rose, était partie avec son mari et avait confié son fils à ses parents, Lucie et Jean-Baptiste qui habitaient le village de Rians, dans le Var...

 

La guerre est sur le point de s’achever quand, à l’été 1944, la libération du Var commence. Le village de Rians voit débarquer, le 20 août, les GI’s, tous vêtus de leurs beaux uniformes flambant neuf. Le petit William est fasciné par ses soldats américains qui roulent dans des superbes Jeeps, mâchent du chewing gum et distribuent des sachets de soupes déshydratées. Il fréquente pendant quelques jours le campement des Boys qui lui donnent du Corned Beef en boite, du chocolat en tablette, des cigarettes. Il les entend parler anglais. C’est la première fois qu’il entend cette langue et elle lui plait.  

 

À presque 7 ans, William, avec ce prénom si surprenant pour un petit provençal, se met à rêver que d’une chose : tout savoir sur les États-Unis d’Amérique et qui sait, peut-être s'y rendre un jour... Tout au long de sa vie, il va se documenter sur ce pays. Il va apprendre son histoire, sa géographie, sa politique, le nom de tous ses présidents, la vie des cow-boys. Il fréquentera toutes les salles de cinéma qui diffusent des Westerns. Il collectionnera tous les magazines qui en parlent. Il achètera un livre : "La Méthode Assimil" pour apprendre l’anglais. Il a du mal avec l’accent, parce que bien sûr, au cours de sa vie, il ne croise pas d’anglais ni d’américain avec qui échanger. Mais, il parvient à retenir un grand nombre de mots et quelques règles de grammaire. Il peut écrire. Alors, il cherche des correspondants américains et il les trouve, grâce à un magazine international. William envoie des centaines de lettres en Californie, en Floride ou en Illinois. Son rêve se réalise en partie. Ses correspondants lui décrivent leur vie américaine et William ne cessera jamais de leur demander des pin’s, plaques d’immatriculation, écussons, casquettes et tout un tas d’objets qu’il garde précieusement.

La suite demain…

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Rédigé par Cathy de Saint Côme

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Publié le 22 Mai 2020

Jour 5 : 10 avril, 23h12

— Allo, Mr Transsvert ? Ça va ? Bon, la description que vous m'avez donnée correspond à : Charles Laboisier, né à Amance, département de l'Aube, le 9 mai 1980. On le trouve où, d’après vous, en ce moment ?

— Je l’ai sous les yeux. Il est accoudé au comptoir du bar, répond Marc tranquillement.

— Je ne sais pas si vous êtes un devin ou un charlatan, en tout cas, vous êtes très fort. Et la gamine ? Elle est en vie ?

— Elle discute avec sa bande de potes, à l’autre bout de la salle. Charles la surveille, il va passer à l’acte dès qu’elle ira récupérer son vélo pour rentrer chez elle. Elle ne sait pas encore qu’elle est en danger. Heureusement, que je suis là et que je rêve.

— Alors, c’est ce soir que ça va se passer ! Comment vous faites ? Je n’ai toujours pas compris.

— Moi non plus, vous savez. C’est guère maîtrisable. Pendant quatre nuits, avant que ça n’arrive, je me vois intervenir sur une scène de crime et je visualise aussi le moment du meurtre. Mon challenge, c’est d’arriver à découvrir où cela se passe et qui est concerné. Je suis tellement pris dans ce fantasme que parfois, j’ai l’impression d’en être l'un des acteurs. L’autre nuit, je suis arrivé à parler à Cindy et j’ai même réussi à m’exprimer à travers elle. En fait, plus ça va, plus je deviens bon et tout ça, malgré les critiques.

— L’essentiel, c’est que ça ne vous monte pas à la tête. Bon, un message a été envoyé à la gendarmerie. Ils seront là d’ici quelques minutes. Cette fois, on tient « le dépeceur ».

— Vous allez attendre le flagrant délit ou le cueillir avant ?

— Avant. On ne mettra pas la vie de la petite en danger. Il nous faut juste l'ADN de Charles pour le comparer aux affaires en cours. Je suis sûr qu'il va correspondre. Ne vous inquiétez pas, on ne le lâchera pas.

— Il ne faut pas non, en effet. Ce type est un monstre qui tue sauvagement. Il n'a aucun sens esthétique, et pas plus de respect pour ses victimes. Il n'est pas digne d'être jugé, il faudrait l'éliminer de la même manière qu'il procède. Sachez que je lui ai parlé. Il est dépourvu d'intelligence. Heureusement que mes rêves transfigurent le futur.

L’autre raccroche en se disant que le rêveur est vraiment un type bizarre.  

 

Marc a les coudes posés sur le zinc. Ses rêves prémonitoires lui permettent de contrôler le futur et, de temps en temps, de manipuler les évènements. Il jette un coup d’œil au fond du bar, Charles Laboisier est ivre mort sur une chaise. Il a particulièrement apprécié le whisky de douze ans d’âge. Ce soir, il ne tuera personne. Dehors, Cindy enfourche son vélo.

Marc glisse au bas du tabouret et quitte le bar. Il sort juste après la jeune fille.

 

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Rédigé par Cathy de Saint Côme

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Publié le 21 Mai 2020

Nuit 4 : 9 avril, 00h01

Marc entend le hurlement de terreur de Cindy s'achever dans un cri étouffé. L’homme l'a bâillonnée d’une main en lui tordant le bras avec l’autre. Il se tient si près de la jeune fille que sa respiration envahit ses oreilles. Une vaine colère provoque chez Cindy un dernier sursaut de vitalité. Elle se met à donner des coups de pieds dans tous les sens, en pleurant, parce que sa cheville est en miette. À travers un rideau de larmes, elle commence à distinguer les traits de son agresseur. 

— Oui, c’est bien ! Continue Cindy, regarde-le avec attention. 

Marc voit le front court, les yeux marrons, les sourcils fournis, le nez épaté, les lèvres épaisses. Le portrait-robot est assez précis. L’homme sort un couteau et le métal luit sous le croissant de lune. La lame est pointue et dentelée. Elle a déjà servi, l'acier est émoussé.

Il découpe sûrement des animaux d’habitude, avec ce genre d’objet.

— Cindy, demande-lui qui il est ?

La jeune fille obéit à elle ne sait quelle impulsion et parvient à libérer le coin de sa bouche.

— Attends ! supplie-t-elle, dis-moi ton nom, avant de me tuer.

Il colle son nez sur celui de Cindy et plonge dans son regard. Elle arrête de froncer les sourcils, se détend. Dernier round. Elle prend son air le plus ingénu, pour rendre sa supplique candide. 

— Charles, je m’appelle Charles, lui chuchote-t-il, au plus près. J’aime traquer ma proie, l’embrocher et l’étrangler avant de la dépecer…

— Tu es un chasseur, Charles ! prononce la jeune fille malgré elle. Tu as appris ça, où ?

— Qu’est-ce qu’on s’en fout !

— Ça m’intéresse, moi, insiste-t-elle.

Il demeure silencieux un quart de seconde puis répond :

— Je viens de l'Aube, c’est là que je suis né. J’y ai étripé des animaux bien plus lourds que toi. Je suis doué pour l’équarrissage me disait mon patron.

L’homme n'a plus envie de parler. Sa respiration redevient saccadée. Cindy invoque son Dieu, intérieurement, pour que la douleur à son entrejambe cesse. La délivrance arrive enfin, mais elle est précédée par un râle d'agonie. 

Marc, quant à lui, a suffisamment d'éléments pour enquêter.

L’image devient floue.

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Rédigé par Cathy de Saint Côme

Publié dans #Séries fantastiques

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Publié le 20 Mai 2020

Nuit 3 : 8 avril, 00h01 

Cindy vient de quitter le bar, sur la place du village ou trône une fontaine, surplombée par une mini Statue de la liberté. Pourquoi se met-elle à courir, arrivée en haut de la côte ? Cindy est poursuivie, un homme s’est emparé de son vélo et l’a jeté dans le champ. Il se précipite derrière elle. Il est plus lourd. C’est une chance ! Elle est jeune et peut le distancer. Mais l’homme veut cette gamine plus que tout au monde. Ça se voit dans ses yeux écarquillés par l’effort, dans sa lèvre inférieure pendante, ornée de filets de bave aux commissures. Il se rapproche. Cindy correspond sûrement à ce qu’il cherche, elle est fraîche, pure, une fleur à cueillir avant que d’autres ne la salissent. La chaîne à sa cheville scintille dans la nuit. Cindy pose le pied sur une grosse pierre qui bascule, elle crie et s’effondre à terre. L’homme a gagné. Il se tient au-dessus d’elle et hâlette bruyamment. Cindy aussi a le souffle court. Elle découvre les mains énormes de son agresseur. Lentement, elle se fige. Une angoisse viscérale la paralyse. 

L’image devient floue.

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Rédigé par Cathy de Saint Côme

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Publié le 19 Mai 2020

Nuit 2 : 7 avril, 00h01 

Marc se tient à la même place que la veille, accroupi au-dessus d’un cadavre qui n’est plus là, emporté par le médecin légiste dans sa camionnette frigorifique. Marc est probablement revenu ici pour « respirer » les lieux, comme il dit. La douleur laisse toujours une trace. La peur, au même titre que le sang imbibe les tissus, libère des ondes presque palpables. Sur les lieux d’un acte barbare, l’intensité des émotions et des sentiments est telle qu’elle imprègne la matière. La volonté morbide est si forte, comme l’espoir de survivre, qu’ils s’enracinent, pour un temps, dans les éléments solides du décor. Ici, en campagne, Marc va ressentir tout cela en touchant l’herbe, en humant l’air, en malaxant la terre, en se couchant à la place du cadavre pour laisser les vibrations, encore présentes, le pénétrer.

Il va tenter de revivre le meurtre de la jeune fille. C’est pour ça qu’on le paie. 

— Parles-moi, Cindy ! dit-il à haute voix.

L’image devient floue.

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Rédigé par Cathy de Saint Côme

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Publié le 18 Mai 2020

" Mes rêves transfigurent le futur." 

Marc Transsvert.

 

Nuit 1 : 6 avril, 00h01 

Marc se voit en train d’effleurer du bout des doigts les cheveux d’une jeune fille, allongée dans un près. Elle porte à son cou une médaille où est gravé son prénom : Cindy. Elle a la tête posée sur son coude replié. Un bouton de son chemisier a sauté, laissant apparaître la dentelle souillée de son soutien-gorge. Elle a perdu sa jupe et son slip est déchiré. 

Le regard de Marc s’arrête un instant sur la chaînette, incrustée dans la chair enflée de la cheville gauche. Cindy a dû courir et tomber, se dit-il. Puis, il analyse la posture du corps et en déduit que le tueur est un pervers bien ordonné, qui a pris soin de mettre en scène sa victime. On la dirait endormie gentiment dans l’herbe. Si ce n’était le sang, répandu sur sa peau hâlée et la plaie béante qui fend son abdomen, on pourrait la croire en pleine sieste, par ce bel après-midi d’été. 

Toujours le même modus operandi.

— Le médecin légiste est là ! indique le gendarme à côté de lui.

Marc se redresse. Il n’a pourtant pas envie de quitter la petite. Ses joues possèdent encore des rondeurs enfantines et son vernis à ongles a une couleur de bonbon acidulé. Il jette un regard alentours, tous les yeux sont braqués sur lui. Sa réputation l’a précédé. Certains attendent son verdict, d’autres ont ce petit air narquois qui en dit long. Marc en a ras le bol de leur scepticisme. Il est le meilleur dans ce qu’il fait. Il le leur prouvera.

L’image devient floue

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Rédigé par Cathy de Saint Côme

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Publié le 10 Mai 2020

L’œil hagard, Rodolph déambule sous un soleil de plomb. Il vient de prendre conscience qu’il est vivant. Mais la chaleur écrase ses pensées. Une question en émerge : que fait-il là ? Autour de lui, c’est la rase campagne, terre craquelée et herbes folles. Le panneau indique Carraire de Fontvieille, commune de Saint Cyr sur Mer. Il réalise qu’il a soif en faisant claquer sa langue contre son palais. Soudain, il sent la brûlure du bitume sous ses pieds nus. Il sautille. Il ne s’était pas rendu compte qu’il n’avait pas de chaussures. Il baisse la tête et constate qu’il est en maillot de bain ??? Puis, les douleurs ne tardent pas à se faire sentir : le dos, le ventre, la mâchoire. Rodolph passe ses mains sur toutes les parties de son corps qui le font souffrir. En fait, il a mal partout. Tabassé. Il ne s’en souvient pas, mais il est sûr d’avoir été frappé. Un direct en pleine face, la raison de son nez cassé. Le goût du sang dans la bouche se révèle à lui. Tout devient insupportable, tout à coup. Le jeune homme tombe à genoux. Peut-être va-t-il mourir ici ? Une voiture arrive au loin…

Madame Berniest a pilé. Un monstre ! Elle rajuste ses lunettes. Avec sa cataracte... Pourtant, c’est bien un monstre, couvert de sang. Elle enclenche la marche arrière, mais elle ne sait pas conduire à l’envers et heurte, de plein fouet, l’enclos réservé aux containers à poubelles. Secouée par le choc, son cœur bat la chamade. Madame Berniest regarde à nouveau le monstre qui rampe sur le chemin goudronné, à présent. Vite, son téléphone portable ! Elle appuie sur la touche « Gérard ». Son mari ne répond pas. Sa fille… elle tombe sur sa messagerie. Il lui reste les secours. Après tout, personne ne va la prendre pour une folle, cette fois. Les gendarmes lui sourient gentiment quand elle vient porter plainte parce que des rôdeurs tournent autour de sa maison. Non pas qu’ils ne la prennent pas au sérieux. Ici au village, il arrive souvent que des malfrats repèrent les maisons avant de les cambrioler. Ce qui rend les gendarmes sceptiques et compatissants, voire condescendants, c’est qu’elle affirme avoir vu les rôdeurs descendre d’un engin volant non identifiable, qui se serait posé dans le champ, à côté de chez elle.

Rodolph, couché à plat ventre sur le sol brûlant, roule sur lui-même et finit péniblement par se relever. La voiture en face de lui n’a pas bougé. Il adresse un signe à l’ombre qui se cache derrière le volant. Rien ne se passe. Rodolph se met à marcher plus vite, sur le bas-côté, dans la terre. Quand il pose ses deux mains sur le capot bouillant, il aperçoit le visage figée d’une vieille dame. La bouche à demi ouverte, les yeux fermés. On dirait qu’elle est évanouie. Avec cette chaleur, pas étonnant, pense le jeune homme. Il ouvre la portière. La vieille dame demeure immobile. Rodolph lui touche l’épaule. Inerte. Il voit le téléphone dans sa main droite et se penche pour l’attraper. La femme se met à hurler dans son oreille. Rodolph fait un bond en arrière et tombe à la renverse. La vieille dame crie sans discontinuer. Le jeune homme tente de la calmer les mains en avant. Elle le regarde avec des yeux exorbités. Pourquoi lui fait-il aussi peur ? Il se penche pour voir son propre reflet dans le rétroviseur extérieur. Il crie à son tour. 

Madame Berniest a ôté sa ceinture de sécurité, elle descend de voiture avec difficulté. Le monstre se tient la tête entre les mains et se lamente. Elle en profite pour s’éloigner en claudiquant. La chaleur l’étouffe, elle a du mal à respirer. Il lui faut trouver du secours rapidement. La maison en bord de route semble vide. Parviendra-t-elle jusqu’au village ? Madame Berniest commence à douter de ses forces vitales. Elle se retourne, le monstre ne la suit pas. Elle reprend son souffle. Il est peut-être inoffensif, finalement. Pourtant, dans tous films qu’elle a vus ou tous les livres qu’elle a lus, les extra-terrestres apparaissent, le plus souvent, malveillants. À moins que ce dernier n’ait été rejeté par ses pairs et qu’il erre sur la terre sans savoir à quelle communauté il appartient. Madame Berniest finit par éprouver un peu de sympathie à l’encontre du monstre qui se trouve de nouveau à quatre pattes par terre. Il est en train de vomir du liquide verdâtre.

La petite fourgonnette s’arrête au niveau de Madame Berniest. 

— Gendarmerie Nationale, Madame, énonce l'officier. 

— Ah, ben vous tombez bien, vous !

Il enchaîne :

— C’est pas raisonnable de marcher sous ce soleil, vous devriez rentrer chez vous et boire. Est-ce que vous buvez régulièrement. La déshydratation…

— Mais vous allez vous taire ! Là-bas regardez, y’a un monstre !

Le gendarme aperçoit une silhouette qui se remet debout. Il fait signe à son collègue de redémarrer. Arrivé au niveau des containers à poubelle, il demande :

— Qu’est-ce que vous faites là, Monsieur…

Il ne termine pas sa phrase. L’inconnu vient de lever la tête vers lui.

Rodolph a repris tous ses esprits. La plage, les cocktails, la fille, l’amour, encore l’alcool puis, la pilule blanche, le mauvais délire… Au cours d'hallucinations aiguës, il a imaginé qu’on l’avait kidnappé. Il a vu des êtres étranges le mettre sur une table d’examen, lui poser des électrodes bizarres un peu partout, il criait et se débattait et a reçu des coups. Mais tout ça n’était qu’illusion, se convainc-t-il. Il a eu peur en se voyant dans le rétroviseur parce qu’il n’a plus visage humain. Sûrement qu’il a dû se cogner partout dans sa confusion mentale. Il va expliquer tout ça au gendarme qui est sorti de son véhicule pour s'approcher de lui. L’officier semble pétrifié de peur. Il agrippe son arme en tremblant et la pointe sur lui. "Bon sang ! Il s’agit juste de la gueule d’un mec qui a fait un bad trip !" songe Rodolph agacé. 

— Qu’est-ce… qu’est-ce que vous êtes ? bégaie le gendarme.

— Ben quoi ? Un homme, répond Rodolph.

— Non, votre tête ressemble à une tête de… mante religieuse.

 

Très haut dans le ciel, dans un drôle d'appareil volant, deux êtres observent l’événement avec attention. L’un dit à l’autre :

— Ils ne sont pas encore prêts.

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Rédigé par Cathy de Saint Côme

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Publié le 10 Mai 2020

Rédigé par Cathy de Saint Côme

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Publié le 9 Mai 2020

Madame Berniest a ôté sa ceinture de sécurité, elle descend de voiture avec difficulté. Le monstre se tient la tête entre les mains et se lamente. Elle en profite pour s’éloigner en claudiquant. La chaleur l’étouffe, elle a du mal à respirer. Il lui faut trouver du secours rapidement. La maison en bord de route semble vide. Parviendra-t-elle jusqu’au village ? Madame Berniest commence à douter de ses forces vitales. Elle se retourne, le monstre ne la suit pas. Elle reprend son souffle. Il est peut-être inoffensif, finalement. Pourtant, dans tous films qu’elle a vus ou tous les livres qu’elle a lus, les extra-terrestres apparaissent, le plus souvent, malveillants. À moins que ce dernier n’ait été rejeté par ses pairs et qu’il erre sur la terre sans savoir à quelle communauté il appartient. Madame Berniest finit par éprouver un peu de sympathie à l’encontre du monstre qui se trouve de nouveau à quatre pattes par terre. Il est en train de vomir du liquide verdâtre.

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Rédigé par Cathy de Saint Côme

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