Publié le 21 Décembre 2019

Je ne sais pas vous, mais moi, je déteste les araignées. C'est une phobie. Leur vue m'est insupportable, alors je crie et deviens complètement ridicule dans un accès de folie. C'est ancré en moi. J'ai essayé de surmonter cette peur, mais en vain. De plus, j'y associe une sorte de dicton populaire. Quand j'en vois une le matin, elle devient chagrin. Passée l'heure de midi, elle devient du soir et donc espoir. Je me suis mis en tête de sauver celle d'après le repas, en me disant qu'elle est porteuse d'une bonne nouvelle, alors que celle du matin, je l'écrase sans pitié. 

Bref, un matin, il y a quelques jours, j'ai croisé une petite araignée dans ma chambre. Noire avec des points blancs. Plus petite qu'un confetti. Dans un moment de faiblesse, j'ai dérogé à mon principe et ne l'ai pas écrasée. Mais je lui en ai fait la remarque à voix haute : "T'as d'la chance, pour cette fois. Ne reviens pas m'embêter sinon la prochaine, tu y passes."

Elle a fait son petit bonhomme de chemin et nous ne nous sommes plus vues. Jusqu'à, avant-hier matin. J'étais en train de sortir de ma douche, et je m'apprêtais à saisir mon peignoir, quand je suis tombée nez à nez avec ma copine l'araignée. Elle était posée sur le col dudit peignoir et s'agitait fébrilement. Cette sorte d'araignée a la capacité de sauter, j'en ai déjà vues s'enfuir ainsi. Le fait de savoir qu'elle pourrait me sauter sur le nez ou la tête m'a rendue folle. Ça a été plus fort que moi, je me suis mise à lui crier dessus en lui reprochant de ne pas respecter notre accord. Ça a donné ça : "Sale ingrate, je t'avais sauvé la vie et voilà comment tu me remercies, en venant me narguer !" me voilà en train de vociférer dans ma salle de bain. J'ai tellement parlé tout près de l'araignée et si fort, qu'elle a carrément arrêté de bouger. Elle est restée une patte en l'air, figée, sans tentative d'évasion. On aurait dit qu'elle m'écoutait, me comprenait et acceptait la réprimande. Cela m'a attendri à un point... surprenant. Je me suis saisie d'un bout de papier et, j'ai fait voyager l'araignée jusqu'à la fenêtre pour la mettre dehors, sans la tuer. 

La morale de cette histoire : Soyez attentifs et le monde vous paraîtra moins effrayant. 

La femme qui savait parler à l'ouïe des araignées.

 

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Rédigé par Cathy de Saint Côme

Publié dans #Humeurs

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Publié le 10 Décembre 2019

GET YOUR KICKS ON ROUTE 66

 

Ouvrez les paupières.....................

 

Ça se passe à 9 000 kms de chez nous et ça commence le vendredi 3 juin 2011 :

On a loué une Mustang blanche décapotable, « trop belle !!! » The American Way of Life. 

Nous nous trouvons à l’aéroport de LAS VEGAS et nous devons rejoindre les copains qui sont en train de s’essayer à leur Harley chez EAGLE RIDER. 

Le temps est au beau fixe, chaleur agréable. Je filme tout ce qui bouge.

Après quelques tours de parking, les bikers sont prêts, direction LAUGHLIN/DAVIS DAM/BULHEAD CITY dans l’ARIZONA. 

Pour atteindre BULHEAD, nous sommes passés sur un pont, sous lequel coule le COLORADO. 

Petit arrêt essence, one Coke please ! J’ai troqué mon jean contre une robe et tout ça dans les toilettes pour dames du resto PANDA.

A partir de là, direction la Route 66 mais au croisement, nous nous sommes trompés et avons raté OATMAN, demi-tour, puis erreur de parcours bis, redemi-tour, et enfin la bonne direction. J’ai pourtant le nez sur le programme de l’agence, le GPS et la carte routière. Je ferais mieux d’aller me rhabiller (euh… dans les toilettes pour dames ?)

13 miles d’une petite route avec creux et bosses puis, enfin, le panneau tant attendu (ROUTE 66) photo, pipi pour les hommes au milieu des serpents venimeux (même pas peur). 

OATMAN, ancienne ville minière où les ânes se promènent en liberté. On s’achète un American flag avec un aigle (sur le dos). On partage une pomme avec les ânes. 5 hamburgers + 1 sandwich (indescriptible) plus tard, nous repartons. Petite route splendide de montagne, puis descente vers KINGMAN. On a vu passer le train de marchandises (150 wagons, 4 locomotives).

Motel au bord de la route, mais pas bruyant, piscine sympa. Apéro sur le balcon, cacahuètes américaines et pastis marseillais. Les peintres en bâtiment ont trinqué à notre santé avec leur bière. Ça les a fait marrer de nous voir si organisés.  

Ah ! Au fait le resto steackhouse kitch devant le match de base-ball avec bagarre et sciure, la vraie Amérique, quoi ! 

Puis dodo à 21h parce que le bar était trop loin et l’épicier fermé.

 

Ça se poursuit le samedi 4 juin :

On avait rendez-vous à 7h30 pour le petit-déjeuner. A 7h tout le monde est prêt. J’ai laissé mes dents plantées dans une pomme rouge comme celle de Blanche Neige. Je n’ai pas encore eu l’occasion de manger une glace et le signale à mes co-équipiers.

Un biker nous interpelle, « Where are you coming from ? » on répond “from France” grimace, il se demande bien à quel bled correspond le nom France, lui est de l’Arizona, il sillonne le coin.

Essence et départ pour HACKEBERRY- General Store. Purement génial, avec toutes les vieilleries dont on rêve, plaques d’immatriculation rouillées, la 66 grince en se balançant, les 33 tours d’Elvis, les Stetsons… Un papi derrière son comptoir parait inerte, les toilettes pour hommes sont toutes décorées par des photos de play-mates. Dehors, il y a des carcasses de voitures et des vieilles pompes à essence. Il faut prévoir une heure pour tout voir et encore une heure pour décider de ce qu’on va acheter. 

 

A SELIGMAN, photo mémorable devant la façade ornée d’un beau logo ROUTE 66 en rouge et blanc.

On fait la pose achats souvenirs. Puis l’autoroute ; il fait plus frais ; c’est long l’autoroute ! Enfin on arrive à WILLIAMS, le Red Raven nous a servi de supers sandwichs. On va plus loin, il y a de la musique et un chanteur de Country.

Le café était dégueu, le chanteur très bon, mais parti aussitôt en pose, la glace excellente mais longue à venir, la serveuse évaporée. Tout le monde avait envie d’une sieste, mais courageusement : motos, essence, direction GRAND CANYON. Il somnole au volant. Les motos suivent gentiment. GENESIS chante « I can feeling, I’v been waiting this moment for all my life ».

Oups ! Grand renfort de police sur la route + ambulance, voiture fracassée sur le bas côté. 

 

Paysage plat jusqu’à présent, il y a enfin des sapins et des collines. Dépose bagages à l’hôtel puis direction l’aéroport. J’ai mal au ventre simplement en entendant le rotor s’emballer et les hélices tournoyer. Rien à faire, je resterai à terre. Mais il paraît pourtant que ça vaut le détour, un petit tour en hélico au-dessus du Grand Canyon !!!

L’eau de la piscine est froide pas celle du jacuzzi. Apéro en terrasse. Moucherons collants. On mange mexicain, c’est pas bon, on rit. Il fait froid, on voudrait une glace pour se réchauffer, mais tout est fermé, ou faire un billard, les tables sont prises, on se rabat sur le distributeur d’ice-cream, comme des ados désargentés et désoeuvrés. Calés sur une chaise dans la salle de jeux, on suce nos bâtonnets.

 

One day more, dimanche 5 juin 2011 :

Petit déjeuner à 7h30. En bas ou en haut de la tour du GRAND DESERT VIEW, le GRAND CANYON c’est GRANDiose. On admire, on filme, on savoure. Autant d’immensité ! Des français qui vivent à HOUSTON nous prennent en photo. 

Puis, direction CAMERON, sur le territoire des indiens HOPI. Pas de photo, please, ni crayon ni bloc pour écrire ou dessiner. Ils pensent que nous tentons de voler leurs âmes !!!

Essence, direction TULSA CITY AIRPORT. Repas cafeteria, chez les NAVAJOS. J’ai pris le volant pour qu’il dorme un peu. Un camion rouge, un camion bleu, la terre est ocre, le ciel azur, on est presque arrivé à MONUMENT VALLEY.

 

Paysage aride, désertique un peu semblable à DEATH VALLEY. 35° sur la route. On a mis la clim et la capote, les motards souffrent.

KAYENTA, notre destination. Des maisons sans étage, blanches et sales, le désert, notre hôtel, un homme dans un pick-up, armé d’un revolver vise le paysage. Il est question de pizza. On a posé nos bagages.

Direction MONUMENT VALLEY, à 26 miles. La route est magnifique, les « Monuments » sont extraordinaires, ocres, plantés au milieu de la steppe aride et se détachent sur un ciel bleu, sans nuage. Entrée du parc qui appartient à la tribu NAVAJO, qui se nomme en fait NAE. On dit « Ya a té » pour dire bonjour. Visite du parc en jeep. Le chauffeur chante aussi et raconte ses légendes. 

Repas mexicano/Navajo/americano/beurk, vin sans alcool !!!!! Vent sec qui fait rouler des ballots d’herbes mortes, comme dans les westerns. 

 

On the road again, lundi 6 juin 2011 :

Départ à quelle heure ? On ne sait plus, entre l’heure américaine, l’heure française, l’heure NAVAJO ??

Direction le super marché. Cerises, melon, tomates, jambon, tout pour le pic-nic. 

Nous roulons vers PAGE, puis après le pont, s’ouvre devant nos yeux un paysage fabuleux celui du LAKE POWELL. L’eau est couverte de vaguelettes, qui tournent au gré d’un vent fou. Les collines qui bordent le lac sont constituées de strates de couleurs différentes.

Il fait 93° fahrenheit, soit 35 ° Celsius, trop chaud pour rester au soleil alors, pourquoi ne pas déjeuner dans un abri-bus avec vue sur le lac. 

Le vent est totalement givré, il tourne en tout sens. 

On a mangé, écouté de la musique, dansé, ri, photographié et le bus n’est jamais passé. Les collines ont changé de couleur au fur et à mesure. 

On s’arrête à la station service pour l’essence, non pour une glace, non pour le vin, tout à la fois. Puis, nous entamons une course contre le vent violent, la terre, le sable, on en prend plein les narines. Chapeau les bikers. 

Enfin, on arrive à KANAB. Bienvenus dans l’UTAH, l’état des Mormons. Il y a la piscine, et surtout un magasin LEVI’S. 501, Converses, lunettes, le plein est fait. Et si on se prenait une photo tous déguisés.

Dîner au ROCKING V. Original, des pâtes aux tomates fraîches. Une galerie d’art nous entoure, enfin de l’art pacotille et mauvais goût. On a beau chercher, pas de bar, ni même de café. On va se coucher à 9h30 pm, non 10h30 pm, bref 6h30 am chez nous.

 

Nous revoilà, mardi 7 juin 2011 :

Après un petit déjeuner beurk en sous-sol et sans fenêtre, on quitte KANAB pour rejoindre BRYCE CANYON. On passe par la montagne, mais la bonne route est barrée. Tant pis, on se perd, on voit la neige, il fait 10°, paysage verdoyant, lac et sapin, rivière et congères. Nous roulons vers CEDAR CITY, une ville mormone, avec un GPS qui nous conseille « Faites demi-tour avec prudence » 5 fois, 6 fois, 10 fois.

Un bon café expresso, dégusté au soleil, petite visite de la rue pavée et propre et on retourne de là où on vient. Merci le destin, parce qu’à DUCK CREEK, un lieu dit où les américains viennent pêcher en louant des chalets, nous découvrons un « estanquo » qui vend un sandwich BUND, qui consiste en un pain à burger, rempli pour 10 cm en hauteur avec des tranches fines de porc fumé, allez, salivez !!!!

Il a fait froid à moto, les cuisses sont gelées, on ne s’est pas aperçu qu’on prenait de l’altitude tant le dénivelé est étendu. En roulant vers BRYCE CANYON, on avoisine les 2800 mètres.

On pose les valises au RUBY’S INN et on entre dans BRYCE CANYON. Premier point de vue près du parking, mais c’est si beau qu’on n’a pas envie de reprendre les engins à moteur, on préfère marcher, petite rando autour du Canyon, deuxième point de vue. 

Où se trouve le steakhouse ? A gauche ! Non à droite ! Au bord de la route, non c’est pas le bon ! Mais si, c’est ici, on rentre et on ressort. Quelle honte ! Qui est plié en deux de rire ? On en essaie un autre, bof, des sandwichs ! Non, retournons au premier. 

On s’est trompé, c’était pas ici.

Une petite ice-cream pour clôturer ? 

 

Attention avant dernier jour, mercredi 8 juin 2011 :

ZION NATIONAL PARK est le seul canyon qui se visite par le bas. On entre en voiture et on suit une route sinueuse au milieu des roches, toujours aussi ocres, et hop ! Un tunnel et nos yeux s’élargissent en en sortant, c’est waouah, comment dire, scotchant. On a trouvé le parking, la shuttle nous attend. En route pour EMERALD POINT, petite rando, pic-nic sous les arbres à 7, parce qu’un copain écureuil nous a rejoint. IT IS FORBIDDEN TO FEED WILDLIFE mais tant pis, on n’a pas compris.

Qu’est-ce qu’ils sont voraces ces TIC et TAC américains ! 

 

Retour à la shuttle.

Direction ST GEORGES. La piscine est bénite, les machines à laver aussi. On sort pour faire les boutiques, il n’y en a pas. On boit donc l’apéro en piscine. Le resto italien semble intéressant. La pizza est bonne, le vin aussi, les raviolis, la salade verte, ok. Toute le reste, trop copieux et bizarre. Non merci pas de dessert, on va rentrer, non, on trouve un bar. Il y a beaucoup de jeunesse, quelques chanteurs et guitaristes qui passent chacun leur tour. Une table de billard avec une jeune fille bien faite, blondinette et tatouée, de quoi réveiller nos garçons qui se mettent à jouer. Tiens un copain s’approche ! Il veut jouer avec eux. Timothy, barbiche et gros bide. Sympas, il sait dire « Bonjour, je m’appelle Timothy » en français et ça le fait marrer. Un tête à tête USA vs France ; La France a perdu. Ce n’est pas grave, ce sera pour la prochaine. Allez, au dodo, avant que John ne réclame sa partie.

 

Last but not least, jeudi 9 juin 2011 :

Départ de St GEORGES par l’autoroute, monotone mais il faut bien avancer. Puis, on en sort pour rejoindre un paysage désertique, retour vers le NEVADA. On longe LAKE MEAD. Oh ! Un mouflon ! Oups, des petits écureuils qui traversent, affolés, la route au goudron surchauffé ! La terre est sèche, les collines colorées, le soleil de plomb. Elle paraît longue cette route, mais elle est si belle, et si on s’était trompés ? Non, c’est le bon chemin, on entre dans VEGAS, groupés.

 

Direction les OUTLETS ces magasins d’usines où les prix sont motivants, et avec le change, en plus, on gagne 30%. Et vas-y que je dévalise les boutiques. On se retrouve pour déguster un bon sandwich américain, c’est le bonheur. Plus besoin d’acheter des souvenirs, tout y est. 

Bon, on va les rendre au loueur ces Harleys ? 

Quant à nous, on est partis en direction de l’aéroport pour y déposer la Mustang, avec un sanglot coincé dans la gorge, une larme retenue au bord du cil. On prend un taxi pour rejoindre les ex-bikers à l’hôtel PARIS. A la réception, on réserve le restaurant pour le soir, SMITH AND WOLLENSKI, un fameux steakhouse. La chambre est belle, on s’y installe. Puis, on rejoint nos copains à la piscine, qu’il est bon ce dernier bain. 

Ballade dans VEGAS sous les néons. Y en a marre de ces latinos qui proposent des filles pour la nuit ! 

Le resto, à tomber par terre, la viande inoubliable, un goût incroyable. Dernière belle soirée, nous faisons les boutiques au retour.

 

Voilà c’est fini. Voyage merveilleux qui nous a conduits au fin fond de l’ouest américain, à la rencontre de paysages somptueux, majestueux, préservés, témoins du temps qui passe, des hommes qui les traversent à pieds, à cheval, en diligence, en train, en Mustang et en Harley Davidson. Pas peu fiers de l’avoir fait. La mythique Route 66 est telle qu’on l’imaginait, gardienne d’une certaine vision de la liberté au travers de la conquête des grands espaces. Nous les avons conquis, ils nous l’ont bien rendu.

 

 

 

...................Fermez les paupières

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Rédigé par Cathy de Saint Côme

Publié dans #Voyages

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Publié le 10 Décembre 2019

Quelques photos de la Route 66 en 2011. Du désert à la glace, des strates de roches colorées, l'ocre, le vert, le bois mort, les longues routes droites, les villages western, les boutiques vintage, les ballots d'herbes sèches qui roulent sur le sol brûlant. Un extrait d'Amérique, comme on les aime tant.

Get your kicks on route 66
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Rédigé par Cathy de Saint Côme

Publié dans #Voyages

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Publié le 9 Décembre 2019

Envie de paysages grandioses au bord de l'océan Pacifique...

DE SAN FRANCISCO A LOS ANGELES - BIG SUR par la route 1-2014
DE SAN FRANCISCO A LOS ANGELES - BIG SUR par la route 1-2014
DE SAN FRANCISCO A LOS ANGELES - BIG SUR par la route 1-2014
DE SAN FRANCISCO A LOS ANGELES - BIG SUR par la route 1-2014
DE SAN FRANCISCO A LOS ANGELES - BIG SUR par la route 1-2014
DE SAN FRANCISCO A LOS ANGELES - BIG SUR par la route 1-2014
DE SAN FRANCISCO A LOS ANGELES - BIG SUR par la route 1-2014
DE SAN FRANCISCO A LOS ANGELES - BIG SUR par la route 1-2014
DE SAN FRANCISCO A LOS ANGELES - BIG SUR par la route 1-2014
DE SAN FRANCISCO A LOS ANGELES - BIG SUR par la route 1-2014
DE SAN FRANCISCO A LOS ANGELES - BIG SUR par la route 1-2014

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Rédigé par Cathy de Saint Côme

Publié dans #Voyages

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Publié le 9 Décembre 2019

J'ai aimé le contraste entre la brique, la pierre et les buildings.

J'ai aimé le contraste entre la brique, la pierre et les buildings.

Quincy Market : shopping et restaurants.

Quincy Market : shopping et restaurants.

Ce n'est pas un décor de série TV. C'est une vraie ruelle.

Ce n'est pas un décor de série TV. C'est une vraie ruelle.

Très peu d'autres photos correctes pour les mettre en ligne.

Boston : une très belle ville qu'il faut visiter en partant de la mairie (le city hall). Au sol, on trouve le Freedom Trail, un chemin de briques rouges qu'on peut suivre d'un quartier à un autre. Parfois, il devient un simple trait de peinture rouge qui sillonne les rues. Il ne faut pas manquer l'université de Harvard avec ses bâtiments en briques rouges et ses pelouses au carré. On se croirait en Angleterre mais c'est normal, on est en Nouvelle Angleterre. Du vert, du rouge, de la pierre et des buildings. Voilà les couleurs et les contrastes de Boston, cette petite ville (à taille européenne) riche et accueillante. A ne surtout pas rater : Salem, la ville des sorcières, à seulement quelques kilomètres et Cape Cod, bras de terre dans l'océan avec des paysages aussi variés que possible jusqu'à Provincetown. C'est le lieux de villégiature des bostoniens le week-end. Bien sûr, puisqu'on y est, n'oublions pas, d'un saut de Ferry, à nous rendre à Nantucket et Martha Vineyard, les îles des milliardaires et des Kennedy. C'est un air de Bretagne avec des phares et des pelouses qui s'arrêtent aux arêtes des falaises, des maisons immenses en bois, un camping avec non pas des tentes ni des caravanes mais avec des petites maisons victoriennes de toutes les couleurs. Bref, Boston et les environs ressemblent à des décors de cinéma ou  des villages de poupées. J'adore.

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Rédigé par Cathy de Saint Côme

Publié dans #Voyages

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Publié le 2 Décembre 2019

Pour participer à un concours de nouvelles, il y a 10 ans, j'ai écrit cette déclaration. J'avais envie de la partager à nouveau.

Pour te parler, t’écrire et te transmettre la passion que j’ai de toi, il faut que j’utilise des mots, mais je ne peux me résoudre à dire ce qui ne s’exprime pas, ce qui se ressent. Il n’y a pas de plus belle déclaration que celle qui se fait en silence et se traduit par un autre canal que le verbe.

A des mots d’amour, je substitue des soupirs, des gonflements du cœur, invisibles à l’œil, qui emplissent ma cage thoracique d’une extraordinaire sensation de bonheur. 

Je respire et je t’aime, même si parfois, je manque un souffle parce que rien n’est tout blanc, parce que juste une épine peut faire mal en surface, mais le sentiment est si fort, si solide, insondable amour, sourd et insensible. Je le porte si haut, il m’envahit tellement, me motive et me gargarise. Au delà de tes phrases, de tes regards et de tes gestes, c’est à tout autre chose que je suis attentive, un émoi, un élan qui nimbe ta silhouette dans une couleur que je vois. 

Un monument peut s'effondrer à cause un tremblement de terre, il n’en restera que des vestiges. Notre amour ne peut pas disparaître parce que sous son égide, nous, faits de chair et de sang, éphémères passants, nous baignons dans une aura qui perdurera.

 Impalpable légèreté d’un sentiment si porteur, que nous tenons debout et continuons à affronter la vie et son labeur, côte à côte et ensemble, entre mêlés, comme un seul homme. L’apothéose d’une union presque parfaite, parce que rien n’est parfait, et qui ne signifie pas une fin mais le summum de ce que nous pouvons prétendre accomplir : dépasser notre statut de simples humains. Je t'aime hier, aujourd'hui et demain.

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Rédigé par Cathy de Saint Côme

Publié dans #Divers écrits

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Publié le 2 Décembre 2019

C'est le prix Goncourt 1994. Alors, vous allez peut-être penser qu'il s'agit de littérature pure et ennuyeuse. Mais PAS du tout. On rit du début à la fin. L'histoire ne devrait pas prêter à sourire, parce qu'il s'agit de misère sociale, et pourtant l'auteur est prodigieux. Il nous fait voyager dans la triste vie d'Aziz avec l'humour que l'on a connu dans le film Forest Gump. Naïf, décapant, cru et juste. Il nous fait décoller du sol avec légèreté alors que les instants sont graves. C'est un road mouvie entre Marseille et les hauts plateaux de l'Atlas au Maroc. Aziz, tout lui arrive sans qu'il ait prémédité quoi que ce soit. Le bon et le mauvais, et finalement, il y trouve son compte. Il ne faut vraiment pas hésiter à acheter ce bouquin (en Livre de Poche) et à en faire cadeau. Ce livre est un bonbon, un sketch, une cure de bonne humeur. Je ne suis pas en train de conseiller de rire d'un drame social, mais je fais référence à cette phrase de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais : "Je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer."

 

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Rédigé par Cathy de Saint Côme

Publié dans #Lecture

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Publié le 1 Décembre 2019

J'avais quitté Harlan Coben à l'époque de "Ne le dis à personne" son premier roman. Je le retrouve avec Sans défense, son dernier. Style complètement différent. Il s'agit d'une enquête de Myron Bolitar avec son acolyte Win Lockwood. Ce dernier est obsédé par le kidnapping, il y a dix ans, de son petit cousin et de son copain. Il pense être sur le point de le retrouver, mais... 

C'est un polar noir avec tous les codes qui s'y référent. Il y a de la sensualité, sans trop, du sang, pas mal, des personnages froids, cruels, noirs et pas forcément que du côté des méchants. Bref, je l'ai lu en un jour et demi. C'est en effet très vite ingurgité, parce qu'il y a beaucoup de dialogues (80% du roman). On ne perd pas son temps dans les descriptions. C'est court, net et précis. Du ciselé. Ce pourrait être un scénario. Les auteurs, comme Harlan Coben, l'ont bien compris, la nouvelle génération n'a pas envie de lire, elle préfère les séries TV, alors, pourquoi ne pas lui offrir une série TV en livre ? C'est réussi. On ne s'ennuie pas, les personnages sont bien campés. Ils ont des personnalités complexes et on s'étonne qu'elles soient si bien décrites en si peu de mot. Ah, mais si ! C'est parce que l'auteur est chevronné. Peu de lexie, tout est dit. Depuis les bas-fonds londoniens jusqu'aux forêts du New Jersey, la noirceur traîne son drame par la queue et finit par le balancer sous nos yeux. Chapeau l'auteur.

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Rédigé par Cathy de Saint Côme

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Publié le 22 Novembre 2019

Si vous vous posez des questions sur la vie après la mort. Si vous doutez, et en même temps avez bien envie de croire, à la continuité, à la survivance de votre âme après votre décès et que, bien sûr, vous aimeriez des réponses, alors lisez La Preuve du Paradis d'Eben Alexander. Ce neurochirurgien américain a fait une EMI, Expérience de Mort Imminente, suite à une maladie aussi subite  que paralysante, puisqu'il est resté dans le coma pendant sept jours. Ce qu'il a vécu pendant ces sept jours, il le raconte avec la précision du scientifique qui, malgré un esprit très cartésien, est obligé de se rendre à l'évidence : aucun état végétatif de ce type ne permet à un cerveau d'inventer une histoire pareille.

Extrait : "Quelque chose était apparu dans l'obscurité. Tournant lentement, cela irradiait de fins filaments d'une lumière blanche et dorée, et peu à peu l'obscurité autour de moi a commencé à se fendre et se disperser. Alors, j'ai entendu un autre son : un son vivant, comme la pièce de musique la plus riche, la plus complexe, la plus belle qu'on ait jamais entendue. Gagnant en intensité alors que la forte lumière blanche descendit, il s'est surimposé au battement mécanique et monotone qui, depuis des éons semblait-il, avait été mon unique compagnie jusqu'alors.... Puis, au centre même de cette lumière, une autre chose est apparue. J'ai concentré toute mon attention, essayant de comprendre de quoi il s'agissait. Une ouverture. Je n'étais plus du tout en train de regarder la lumière qui tournoyait doucement, je regardais à travers elle. Au moment même où j'ai compris cela, j'ai commencé à m'élever."

Pendant que ses amis chirurgiens tentent d'expliquer comment et pourquoi Eben Alexander a sombré dans le coma, et surtout de l'en sortir sans y parvenir, lui vit une expérience extraordinaire qu'il décrit dans ce livre, tout en faisant le point sur sa vie. Les erreurs qu'il a pu commettre, les explications à côté desquelles il est passé en tant que scientifique. Le fait qu'il soit un enfant adopté. Sa famille, sa soeur décédée, Betsy.  Est-ce elle qu'il va rencontrer dans cette aventure ? Quand il sort du coma, alors que ses amis médecins allaient le débrancher, Eben Alexander va faire des recherches et va examiner toutes les possibilités pour expliquer comment son cerveau a pu lui faire vivre cette histoire.

Extrait : "Une par une j'ai étudié les propositions que je savais que mes collègues, et moi-même autrefois, aurions faites pour expliquer ce qui m'était arrivé. Mon expérience était-elle un programme primitif du tronc cérébral qui a évolué pour adoucir la douleur et la souffrance terminales - peut-être un vestige des stratégies de "mort simulée" utilisées par les mammifères inférieurs ?...Était-ce une réminiscence déformée de souvenirs en provenance des zones les plus profondes de mon système limbaire, la partie du cerveau qui alimente la perception émotionnelle ?... une sorte de vision psychédélique provoquée par l'un des (nombreux) médicaments qu'on m'ait administrés ? ... Et l'intrusion de sommeil paradoxal ?... La DMT est structurellement similaire à la sérotonine et peut provoquer un état psychédélique intense... La dernière hypothèse que j'ai étudiée était le "phénomène de reboot" (redémarrage)..."

Eben Alexander nous ouvre l'esprit sur l'éventualité d'une autre vie après la mort. Dans une monde si différent de ce que l'on connaît qu'il est presque impossible de le décrire parce que notre vocabulaire n'est pas adapté. Un monde d'amour, où nous n'avons plus de corps mais où nous percevons des sons et des images et ressentons les mots plutôt que de les exprimer. 

Il est soit un scientifique fou, soit un être humain qui possède bien une âme.

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Rédigé par Cathy de Saint Côme

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Publié le 21 Novembre 2019

RETOUR DE BAL

 

La nuit enveloppe la route de campagne. Les talons de Julie claquent sur le bitume. Quelle idée de mettre des escarpins !songe-t-elle. « Ça affine la silhouette » lui a dit Lilou. Tu parles ! Comme si des talons pouvaient gommer ses formes. Julie est focalisée sur le bruit de ses chaussures. Il faut dire qu’il n’y en a pas d’autre. Elle a dépassé le dernier lampadaire, en haut du chemin Jourdan Leca. Elle est arrivée au croisement avec le chemin de la Clare, et a continué tout droit sur celui du Péras. L’endroit est seulement éclairé par un premier quartier de lune qui joue à cache-cache avec les nuages. 

 

Normalement, les nuits sont claires en été. La jeune fille est allée au bal, sur la place Portalis. Lilou devait la raccompagner avec sa voiture sans permis, mais elle est partie plus tôt, suivie par un homme. Un inconnu, avec qui elle va finir la nuit. Lilou fait ce qu’elle veut. Ça a mis Julie en colère, mais comme d’habitude, elle n’a rien dit. Comme d’habitude, elle a souri et a déclaré qu’elle se débrouillerait seule pour rentrer. 

 

Elle lève les yeux. Putain, je sors juste le soir où le ciel est couvert, pas d’étoile, je vois rien ! Encore quatre cents mètres et elle sera chez elle. Dans la vieille maison, son héritage. C’est bizarre, ce silence. Il pourrait au moins y avoir des grillons ! Il y a cinq minutes, Julie les entendais. 

Deux pour cent de batterie, c’est ce qu’il lui reste. Elle préfère l’économiser et n’allume pas la torche de son Smartphone.  

 

Au bal, sa voisine lui a proposé de la ramener. Julie a décliné l’offre. Elle déteste sa voisine. Elle a de grandes dents et le rouge à lèvres qui dépasse. Julie la trouve râleuse. Elle s’énerve après tout le monde, tout le temps ! Et surtout quand elle est au volant de sa Twingo. Elle ne se prive pas de sermonner les autres automobilistes, en passant sa tête à travers la portière.

 

N’importe qui pourrait se planquer dans les vignes, songe Julie. Elle ne verrait rien venir. Elle espère que ses parents la surveillent, de là-haut. Il y a deux ans, ils sont morts brutalement. Depuis, ils viennent lui parler dans ses rêves. Quand elle le raconte à Lilou, la jeune fille fait la moue. Pour elle, les morts sont morts et ne reviennent pas hanter les vivants. Pourtant, Julie y croit. Elle a une imagination débordante et écrit des histoires. Elle se dit que personne ne les lira jamais, parce qu’elle n’osera pas les montrer. Surtout pas à Lilou. C’est nul ! se moquerait-elle. Lilou a les deux pieds sur terre. Julie a souvent la sensation qu’elle ne vit pas dans le même monde que son amie. Lilou est jolie, pleine de vie et attire les regards. Elle n’est jamais seule, toujours à traîner derrière elle un garçon, en pamoison. Ce n’est pas le cas de Julie. Malgré son jeune âge, elle s’est fait une raison, personne ne la désire. Sûrement parce je suis ronde, triste et perdue dans mes pensées. C’est l’explication qu’elle voit, dans les yeux de Lilou. 

 

Alors, elle se dit que même un violeur ne voudra pas d’elle, ce soir.

 

La marcheuse est toujours très essoufflée, même si la route est plate, à présent. Elle croyait pouvoir traverser la campagne sans éprouver de crainte. Mais le défi est dur à relever. Elle a l’impression que quelque chose va se passer, ce soir. Et pourtant, elle refuse de se laisser emporter par son imagination. Elle lutte pour garder la tête froide. Et surtout, elle essaie d’oublier cette sensation, d’être dans la mauvaise direction. C’est totalement ridicule comme idée, sa maison est bien par là. Il faut qu’elle cesse de penser ! Et dire que Lilou est probablement en train d’embrasser l’homme avec qui elle est partie. Planqués dans sa voiture à lui, quelque part sur une route de campagne, Lilou le laisse explorer son corps. 

 

Julie s’arrête et enlève ses escarpins. Elle préfère marcher pieds nus que de continuer à porter ces fichues chaussures. Le bitume est encore chaud. Ce n’est pas désagréable. 

 

A quelques mètres, elle ne le voit pas encore, mais il y a un virage, bordé de chaque côté par deux murs en pierres, assez hauts. Des arbres les surplombent, l’obscurité sera totale. Julie a enfin repris une respiration à peu près normale. Cette fois, il n’y a plus aucun bruit quand elle marche. 

 

C’est étrange, constate-elle, le sol a changé de texture. Ses pieds s’enfoncent dans quelque chose de mou. Zut, des crottes de cheval ! Mais, non ! C’est l’ensemble de la surface qui est devenue souple. Elle qui espérait marcher de plus en plus vite, c’est raté. D’ailleurs, elle n’a toujours pas atteint le virage. Il semble toujours à la même distance, depuis un moment.

 

La jeune fille regarde par terre, puis devant elle. C’est comme si le sol voulait la freiner. Elle jette des coups d’œil alentour. La peur lui noue l’estomac, cette fois, elle bien obligée de l’avouer. Julie a envie de pleurer tout à coup. Soirée de merde !  Il lui semble être perdue dans le néant. Un néant qui l’anéantit.  

 

Julie manque une respiration, un grincement sinistre vient de se faire entendre. Un bruit de fer rouillé, étouffé par le silence enveloppant. Un vieux portail ? Se serait-il refermé sur elle ? Julie se sent prisonnière, subitement. Coincée dans cette nuit d’été, sur ce chemin mouvant, dans ce corps qu’on lui dit imparfait. Peut-être ne s’en sortira-t-elle jamais ! Peut-être restera-t-elle seule et mal aimée ? Comme sa voisine. 

 

Elle envoie son pied en avant, mais il s’enfonce, jusqu’à la cheville. 

 

Elle se souvient, quand elle était petite, dans les châteaux gonflables, sur la plage des Lecques. Elle courait, glissait, tombait et n’avait rien pour se rattraper. Ce soir, c’est pareil. Elle marche dans un château gonflable. Et ce virage qui est toujours à la même distance. Elle n’avance pas, elle fait du sur place. Les larmes coulent sur ses joues. Julie prévoit qu’un maniaque va l’étrangler ou bien, qu’elle va tomber d’épuisement sur ce long ruban noir et mou. 

 

Alors, Julie décide de s’asseoir. Elle sait comment on fait quand on abandonne. Les fesses sur le goudron, les mains sur le visage, elle sanglote et attend son sort. Tout à coup, elle entend un hurlement, une voix de femme. Julie crie à son tour et avec maladresse, elle se redresse. Personne ne l’en empêche. Elle court. Mais ses pieds s’enfoncent dans le château gonflable. Je vais mourir ! Je vais mourir ! se répète-t-elle. Puis, ses pensées s’entrechoquent. La jeune fille s’affole et perd l’équilibre. Elle se retrouve à plat ventre. Le sol a ondulé sous le choc de sa chute. Julie est ballotée, puis glisse sur le bas-côté. La voilà allongée sur le dos dans la terre, juste aux pieds des vignes. C’est stable. Julie ramasse sa dignité et son corps malmené. Elle se relève et s’époussète. Un cauchemar, ce n’était qu’un cauchemar. Elle essaie de s’en persuader. Elle entend les grillons. Les nuages se sont dissipés. Elle voit le virage. Il est tout prêt. Qui a hurlé ? Cette voix lui rappelle quelqu’un. 

 

Peut-être vaudrait-il mieux qu’elle reste cachée dans les vignes ? Julie hésite. Elle jette des coups d’œil alentours, mais sa vision est limitée. Il y a des bruits, mais ce sont ceux de la nature, la nuit. Rien d’inquiétant. Elle pose ses mains au sol pour remonter à quatre pattes la petite pente qui la ramènera sur le goudron. Elle finira bien par arriver à rentrer chez elle ! À moins que ce ne soit pas la destination qu’elle devrait choisir… Soudain, le nez parvenu au ras du bitume, elle voit une fille qui court dans sa direction, les bras en l’air, les cheveux en bataille, en culotte et t-shirt déchiré. C’est Lilou qui s’échappe. Une voiture la suit, c’est un gros quatre-quatre, qui va lui rouler dessus. Julie a l’impression de voir un mauvais film se dérouler sous ses yeux. Ce sont des images, c’est virtuel. Une vision ? Lilou va bientôt passer devant elle. Julie est tétanisée de peur. Elle enfonce ses doigts dans la terre pour s’accrocher à la réalité. Ceci n'est pas vrai, c’est une illusion, Lilou va bien. Julie prend une grande inspiration et piétinant sa terreur, elle parvient à s’extirper de la pente et à rejoindre le bitume. 

 

Et là, il n’y a plus rien. Pas de lilou, pas de voiture. J’ai des hallus. Julie regarde au loin, vers le dernier lampadaire du village, il clignote, comme un appel. Sans réfléchir, elle marche vers lui sur un sol ferme. Elle rebrousse chemin, guidée par la tour en pierre, éclairée. Elle court presque. Arrivée au croisement, qu’elle a dépassé toute à l’heure, Julie se retourne face à la route qui conduit à la Cadière et elle la voit. Les bras battant l’air, les cheveux ébouriffés, elle a perdu sa jupe et son corsage est ouvert jusqu’à la taille. Les phares la suivent et vont la rattraper. Il ne s’agit pas d’une scène d’horreur dans une série, il s’agit de la vraie vie. 

 

Julie écarte les bras, Lilou tombe sur elle. Les deux jeunes filles roulent à terre. La voiture stoppe. Julie distingue des ombres qui s’agitent. Ils vont descendre. Elle tient le corps inerte de son amie, qui a sombré dans l’inconscience. Elle va devoir se battre seule contre ses bourreaux. 

 

Brusquement, un coup de klaxon rageur retentit plusieurs fois. Les ombres dans le quatre-quatre hésitent, quelques secondes. Puis, le moteur redémarre et la voiture s’engouffre dans la nuit noire du chemin de la Clare. Julie aperçoit la petite voiture à l’avertisseur nerveux et elle entend la voix féminine du chauffeur qui s’indigne. 

 

  • Ah mais je te jure ! Qu’est-ce qu’ils foutaient au milieu de la route, ces cons là ! dit sa voisine aux grandes dents.  

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Rédigé par Cathy de Saint Côme

Publié dans #Nouvelles

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